30.03.2007

Un an...

J'adore les anniversaires, surtout ceux qui sont accompagnés de gâteaux au chocolat, alors je fête celui de mon blog pour reprendre une part et je profiterais bien de l'occasion pour faire le bilan, remercier les commentateurs pour leurs messages, remercier Phersu dont j'aurais adoré être la véritable bloguofille, remercier le Démon Familier d'être si démoniaquement familier, de m'avoir offert tant de livres, de m'avoir conseillé d'excellentes lectures, pour nos discussions littéraires au quotidien, remercier Caroline pour nos échanges de lecture, saluer les confrères de bloguage que j'ai rencontrés en chair et en os ou par pixels interposés, pour adresser un signe de reconnaissance à mes romans préférés qui, pour moi, non rien d'irréels mais me donnent l'impression d'être vivants, à mes livres qui me font vivre de si nombreuses et si intéressantes vies.

Un an, c'est symbolique, et c'est le moment parfait pour mettre le point final. Et c'est ce que je fais : point final !

 

29.03.2007

Avis de recherche (2)

Pour Matthieu qui, dans quelques mois, va être réveillé plusieurs fois par nuit, va apprendre à changer des couches, à donner le biberon, qui va chanter des berceuses, secouer des hochets et lire toujours les mêmes histoires tous les soirs, bref qui va découvrir les joies de la paternité, j’en appelle à toi, ami lecteur, qui connaît et pourrait peut-être conseiller des romans ou des livres qui parlent de la paternité (et pas des histoires de parricide de préférence). Merci d’avance…

Et encore félicitations à Elise et Matthieu !

26.03.2007

Parce qu'il n'y a pas que les insomnies la nuit (4) : il y a aussi des personnages étranges dans la pièce

medium_Middlemarch.jpgLa nuit, l'inanimé prend vie, je le sais. Allongée, je guette les mouvements presque imperceptibles qui froissent le silence. Dans ma bibliothèque faiblement éclairée par les lumières parisiennes qui parviennent à s'infiltrer par les ouvertures des volets, je devine les frémissements des livres, je les aperçois, ils sont comme pris d'une respiration, les pages se gonflent puis s'affaissent puis reprennent du volume et, lentement, s'extirpant des pages légèrement entr'ouvertes, je vois un pied suivi d'une jambe, une tête, une main, un bras, ils se glissent hors des lignes imprimées avec précaution : les personnages prennent le frais dans ma chambre.

Je les regarde s'éparpiller dans la pièce, je m'efforce de conserver une respiration assoupie pour ne pas les effrayer et pour pouvoir continuer à les observer à travers mes paupières à demi baissées.

Ils sont tous là, plus ou moins bien dessinés, avec plus ou moins de volume, de netteté, de couleurs, de caractère. Certains, selon l'attention que leur a accordé leur auteur, sont presque transparents, falots, ne pouvant articuler que quelques mots, à peine des silhouettes découpées dans une feuille de papier. D'autres sont multicolores, ont du bagout, de la personnalité.

Parmi tous ces personnages, certains ne méritent qu'un coup d'oeil, une simple attention de quelques secondes mais d'autres sont inoubliables. Et parmi ces rares personnages que resteront gravés dans ma mémoire, ceux de Middlemarch de George Eliot tiennent une place de choix.

Cette deuxième lecture de Middlemarch (la première m'ayant laissé une impression de longueur, de pages lues à toute allure pour enfin connaître la suite de l'histoire, le dénouement des intrigues) a été un vrai plaisir et une plongée dans des abysses narratives. En effet, Middlemarch est la juxtaposition de deux romans (et c'est ce qui en fait toute la richesse).

Le premier est une peinture extrêmement vivante et très ironique de la vie d'une communauté rurale dans l'Angleterre du XIXe s. Toutes les composantes de cette société sont présentes : de l'aristocrate propriétaire terrien aux journaliers en passant par la classe moyenne, toutes les tensions, les rumeurs, les machinations, préjugés, rumeurs propres à ces petits groupes sont décortiqués : implications très locales des grandes réformes nationales, refus du changement, qui s'exerce par exemple contre l'introduction de nouvelles méthodes de soin, petites jalousies héréditaires et grandes trahisons. George Eliot crée une fresque sur un sujet qu'elle connaît bien puisqu'elle dépeint sa ville natale, et toute la galerie de personnages attachants, odieux, fades ou mesquins qui naissent de ses lignes m'ont donné l'impression d'être littéralement dans la petite ville de Middlemarch.

Le second roman de Middlemarch est une histoire d'accomplissement d'un destin à travers la vie de Dorothea de Lydgate. Dorothea est une jeune fille bien née, belle, talentueuse et vertueuse qui cherche à s'accomplir en se dévouant corps et âme à un objectif supérieur. Après s'être essayée à l'amélioration de la vie des paysans, elle décide d'épouser un vieux savant, Casaubon, qu'elle pense pouvoir aider à rédiger son oeuvre sur la mythologie, espoir qui est vite découragé par le caractère acariâtre, méfiant et jaloux de son mari qui s'avère bien moins brillant qu'elle ne le pensait. Car c'est tout le tragique de la situation de la femme que dénonce George Eliot : ces femmes brillantes, capables d'accomplir de grandes oeuvres ou de grandes actions mais qui sont contraintes par la société à se cantonner à une place inférieure et qui n'ont comme seule solution pour utiliser ne serait-ce qu'un peu leurs ressources et leurs dons de se mettre au service d'un homme pour le soutenir dans cette action. Middlemarch est le récit de la réduction en esclavage de Dorothea à un mari autoritaire mais aussi de sa progressive découverte de l'amour et d'une certaine - mais relative - indépendance.

Autre figure principale de Middlemarch, Lydgate, le jeune et orgueilleux médecin, qui veut faire de Middlemarch une communauté modèle sur le plan sanitaire, l'homme qui oubliera ses hautes ambitions en cédant aux charmes très superficiels de Rosamond croyant découvrir en elle la femme qui saura l'admirer et le soutenir dans sa mission. Mais rapidement, il devra déchanter en découvrant le véritable caractère de sa femme, égoïste, dépensière, frivole.

J'oublie tous les autres personnages, Ladislaw, Fred, Mary, la famille Garth, Farebrother, Bustrode... Tous ceux qui dotés, d'un petit ou d'un grand rôle, font la richesse et l'intérêt de Middlemarch.

 

Cuné est elle-aussi devenue une Middlemarchienne.

21.03.2007

Les effets d'une tasse de thé (et d'un petit gâteau)

medium_Albertine_disparue.jpgIl y a encore du sable au fond de mes poches, je n’ai pas encore égaré ou malencontreusement écrasé les coquillages que j’ai ramassés sur la plage, je dois bien avoir encore un peu d’iode et quelques atomes d’air pur dans mes poumons…

Je trempe ma madeleine bien chimique dans mon gobelet en plastique de thé ordinaire provenant d’un sachet rempli de feuilles réduites à l’état de poudre…

Je n’ai pas saisi le fil de ma mémoire, je ne vais pas me lancer dans l’écriture d’un roman, mais je me sens prise d’une folle témérité qui me fait momentanément oublier toutes mes réticences et toutes les excellentes raisons qui font que je ne devrais jamais parler de lui : j'ai envie de commenter Proust.

En fait, je ne vais parler que d’un des volumes de la Recherche , Albertine disparue, appartenant à Sodome et Gomorrhe et suite de La Prisonnière.

Pourquoi parler d’Albertine disparue et non pas, par exemple, des premiers volumes de la Recherche  ? Les raisons sont multiples mais la principale est peut-être que j’ai eu l’impression enfin de commencer à réellement comprendre ce que Proust avait voulu accomplir avec la Recherche.

La principale trame narrative peut être grossièrement résumée en quelques mots : à la fin de la Prisonnière, Albertine, l'une des jeunes filles en fleur, quitte le narrateur qui, dans Albertine disparue, va ressentir pleinement cette rupture sentimentale. Il réexamine le passé, analysant les faits, les gestes, les sentiments qu’il pense avoir mal interprétés à cause de sa jalousie maladive. Progressivement, il recrée une autre réalité, se convaincant que son amour pour Albertine peut revivre. C’est au moment où il se décide à lui donner une nouvelle chance que le narrateur la perd une seconde fois, et cette fois de manière définitive : alors qu’il lui envoie un télégramme la suppliant de revenir, il reçoit l’annonce de sa mort. Commence alors la seconde partie du roman, consacrée au deuil et à la redécouverte d’Albertine. Le narrateur suit ses traces, traque un fantôme, et découvre un autre visage du passé qui lui avait complètement échappé. La mort d’Albertine est aussi un élément déclencheur et libérateur : l’idée, de nouveau, du voyage à Venise (à rapprocher avec sa vocation d’écrivain).

J’ai été profondément émue par la description précise du sentiment de perte puis du deuil, j’ai été fascinée par ces mouvements de la mémoire, ces versions du passé qui se superposent pour laisser entrevoir des vérités, par cet appel de Venise. J'ai adoré ce roman et si je n'avais pas peur d'en faire trop je me lancerais dans une série de superlatifs.

Mais voilà, j’ai mangé ma madeleine, ma tasse de thé est presque terminée, le moment de courage est passé…

18.03.2007

L'aventurière de la page imprimée

medium_une_aristocrate_en_asie.jpgJe suis une aventurière, une vraie, une baroudeuse, une dure de dure, une exploratrice, une endurcie. J’aime la vie au grand air (de mon balcon) les nuits à la belle étoile (à travers ma fenêtre ouverte). J’aime voyager en toute simplicité, je me contente sans me plaindre d’un trois étoiles, de repas frugaux composés d’aliments de base (cèpes, truffes, asperges), de vêtements conçus pour le voyage (le Comptoir des C., c’est bien une ligne de baroudeuse, non ?). Mes destinations de prédilection ? La côte normande sauvage, la jungle des villes italiennes, rien que de l’inconnu, du peu fréquenté.

Bref, moi et Vita Sackville-West sommes très semblables (même si, bien sûr, je suis bien plus aventurière qu’elle). Vita, qui a entretenu une liaison avec Virginia Woolf, a décidé sur un coup de tête de faire une petite promenade de santé sur une antique piste, foulée entre autres par Alexandre le Grand, entre la Perse et l’Inde. Et voilà cinq Anglais partis cahin-caha avec des ânes, des guides, des gardes et une jarre de confiture d’abricot (il faut bien petit-déjeuner) : intempéries, rencontres, découvertes, crêpages de chignon, incidents, Vita décrit avec un humour irrésistible et une grande vivacité son expédition. Et au-delà du récit de voyage, son écriture dévoile aussi une femme de caractère dont on comprend parfaitement qu’elle ait pu fasciner Virginie Woolf.

Et puis, pof, tout à coup, comme le guépard surgissant pour saisir sa proie, Vita, sans nous prévenir, se lance dans un petit chapitre utopique, imaginant avec sérieux, logique et précision, ce que pourrait être la Perse dirigée par un gouvernement ferme et autarcique. Utopie que j'ai lue, comme toutes les utopies, avec un petit frisson glacé de bonheur : heureusement que tout cela n'est qu'imagination...

Vita Sackville-West, Une aristocrate en Asie

15.03.2007

Affaire Littérature Française contre Mademoiselle C. (2) : la défense

medium_Un_barrage_contre_le_pacifique.jpgJe ne vais pas me laisser condamner aussi facilement surtout que depuis quelque temps j’ai de quoi me défendre. Et je n'ai pas n’importe quel alibi, non, j’ai du lourd pour me défendre, de l’argument de choc, du convaincant. Et oui, mesdames et messieurs, on ne peut pas m’accuser de ne pas aimer la littérature française car je viens de lire du Duras. Ahahah ! Vous êtes impressionnés ?

Bon, pour être parfaitement honnête avec vous, l’idée de lire du Duras ne vient pas du tout de moi. Franchement, il ne m’était jamais venu à l’idée de lire ses romans mais comme elle est l’auteur du mois sur Lecture/Ecriture, je me suis décidée.

Cela n’a pas été facile, j’ai dû franchir des obstacles à la limite de l’insurmontable : mes ballerines ont fait une fugue puis mes romans anglais du XIXe s. ont décidé de créer une barricade juste devant l’entrée pour m’empêcher de sortir de chez moi et sur laquelle je me suis tordue un orteil. Ensuite, j’ai été la victime consentante d’une perte momentanée de mémoire me faisant oublier l’objectif de ma sortie : la librairie*. Enfin parvenue à l’une de mes librairies préférées, j’ai dû lutter contre la force de l’habitude et faire ce que je n’avais jamais fait jusqu’alors : me diriger vers la droite. La droite de la librairie, la partie consacrée à la littérature française. Un endroit qui m’était complètement inconnu, un lieu effrayant, sombre et humide**. Perdue, prise d’un léger sentiment d’asphyxie, je me suis dirigée vers le rayon le plus proche, et je suis tombée sur une mine assez impressionnante de productions de Duras. Que des grands formats. Je suis courageuse mais acheter un livre de Duras dans un autre format qu’un poche me paraît à la limite de l’ignominie. Il me fallait donc poursuivre ma quête en apnée pour ne pas me laisser contaminer par les d’Ormesson ou les Zeller en embuscade***.

La route était longue, tortueuse et dangereuse : il me fallait éviter au moins trois tables présentant les nouveautés. Je touchais enfin au but, les livres de poches étaient là, à portée de main. Un dernier piège à éviter (un libraire accroupi rangeant des livres) et voici les Duras en poche. J'étais comme Indiana Jones devant le Graal : quel roman faut-il choisir ? Grave problème qui méritait réflexion et qui a révélé les tréfonds de mon âme de lectrice. Allais-je laisser parler la gentille lectrice qui est en moi, celle qui veut donner sa chance à tous, même à ceux qui écrivent des livres dont la véritable destinée est de faire démarrer les poêles à bois dans les fermes isolées et gelées en Creuse (ce qui est tout de même une bien belle mission) ou bien allais-je libérer la lectrice qui se réjouit à l’idée de pouvoir se déchaîner avec mauvaise foi contre de pauvres – mais médiocres – romans utilisant son blog comme un défouloir ? La faiblesse l’a emporté, et j’ai choisi l'un de ses romans les plus connus : Un barrage contre le Pacifique. 

Ensuite, le livre et moi avons cohabité ensemble pendant quelques jours sans qu’un seul coup d’œil ne soit échangé entre nous, et le jour où j’ai décidé de l’emporter pour le lire lors de mes trajets quotidiens, j’ai aussi emporté une roue de secours, un autre roman au cas où Duras me laisserait tomber.

Tout cela pour dire que j’ai commencé ce roman avec une montagne de préjugés et d’appréhensions ainsi qu'une dose massive de mauvaise foi prête à être utilisée à la moindre défaillance – réelle ou supposée – de l’auteur, à la moindre faiblesse narrative. Et pourtant, j’ai été agréablement surprise par la lecture d’Un barrage contre le Pacifique. J’ai cédé au charme un peu glauque et franchement moite de ce récit indochinois qui nous fait découvrir un autre aspect de la colonisation : celui des colonisateurs ratés, des déçus de l’aventure coloniale. En Indochine, une veuve, ancienne institutrice, a investi les économies d’une vie dans une concession qu’elle espère mettre en valeur et exploiter pour enfin devenir riche. Mais la concession s’avère rapidement incultivable car, tous les ans, la mer vient recouvrir les plantations, gorgeant la terre de sel et détruisant les espoirs des paysans et des colons. Avec ses deux enfants adolescents, Joseph et Suzanne, la « Mère » s’acharne sur son rêve, convaincant les paysans de construire un barrage contre l’océan pour préserver les terres, barrage qui sera bien sûr disloqué dès les premières vagues de la montée des eaux. Tous leurs espoirs agricoles dissous dans l’eau salée, il ne reste plus à la Mère qu’un minable bungalow à moitié construit, une vieille voiture dont les portes tiennent grâce à du fil de fer, un vieux phonographe avec quelques disques démodés et ses enfants. Car dans ce monde minable, seuls l’intrépidité et le charme de son fils ainsi que la beauté, et la virginité, de sa fille ont un peu de valeur. Les vers qui rongent le toit du bungalow, les relations presque amoureuses entre Joseph et Suzanne, le prétendant de celle-ci qui offre champagne, phonographe, vêtements et diamant pour pouvoir la fréquenter, danser avec elle et l'apercevoir sous la douche, voilà certaines des images qui me restent de ce roman.

L’écriture de ce roman est classique, c’est peut-être ce qui m’a plu, le monde évoqué est fascinant, les personnages attachants avec leur défauts et leurs excès, si bien que je vais peut-être même me décider à lire L’amant. 

Alors, je suis relaxée ?****

 

* Mensonge manifeste numéro 1 : L’accusée essaie de nous faire croire qu’elle a pu oublier qu’elle devait se rendre à la librairie ? Elle qui se console en achetant et qui perd tout sens de la mesure dès qu’elle entre dans une librairie. Mais à qui veut-on faire avaler de telles balivernes ? L’accusée nous ment !

** Mensonge manifeste et grossier numéro 2 : sombre et humide ? Et pourquoi pas des grosses araignées, des instruments de torture et le comte Vlad se préparant un petit cocktail d’hémoglobine ?

*** Et voilà, c’est reparti pour un tour ! Voyez comme l’accusée est veule, elle s’attaque en permanence aux fleurons de notre littérature nationale !

 **** Bah voyons !

13.03.2007

Affaire Littérature Française contre Mademoiselle C. (1) : la mise en accusation

Mademoiselle, je suis porteur d’une plainte très spéciale mais qui devrait cependant attirer votre attention : la littérature française se plaint d’une sous-représentation dans votre bibliothèque et par voie de conséquence sur votre blog. Je me permets de vous signaler, Mademoiselle, que vous ne faites pas honneur à notre belle langue et notre grande littérature. Non, Mademoiselle, je ne crois pas que les quelques volumes de Proust soient suffisants pour constituer un fonds digne de ce nom de littérature française. Surtout que, si je peux ajouter un mot, l’état de conservation des volumes de la Recherche laisse un peu à désirer, je pense qu’il vaudrait mieux éviter dans l’avenir d’emporter vos Pléiades à la plage. Si, si, j’insiste, ce n’est vraiment pas une bonne idée. Non, les grains de sables entre les pages n’apportent pas un côté pittoresque à la lecture de Proust. Franchement, je suis sûr qu’il peut très bien se passer de cette adjonction.

Je devine qu’elle va être votre défense et permettez-moi de vous dire, Mademoiselle, que vos arguments ne seront en aucun cas convaincants, vous bafouillez déjà, vous hésitez, et même vous rougissez, je ne sais pas qui vous pensiez convaincre avec de telles explications ? La proximité, l’influence dévastatrice de la prescription de certains médias, les choix contestables de principales maisons d’éditions qui ont tendance à privilégier une approche commerciale à une véritable volonté de découverte d’auteurs, la profusion des nouveautés… Oui, j’entends déjà vos arguments, mais il serait plus honnête de donner les véritables raisons de ce manque délictueux de littérature française dans vos rayons. Avouez que vous êtes une vraie fainéante.

Je vois que j’ai touché un point sensible, il est maintenant temps de dévoiler à vos lecteurs la face cachée de vos goûts littéraires. Car oui, Mademoiselle, vous êtes une affreuse fainéante et vous avez tendance à ne choisir que les romans qui sont passés par le filtre du temps, décantés par des années de critique littéraire pour que ne surnage que le meilleur, la crème de la crème. Dans ces conditions pas de quoi se vanter d’avoir un goût littéraire sûr !