25.05.2006

Roman perdu, chapitre manquant...

Ce roman a failli faire l'objet d'une annonce sur ce blog. Je l'ai acheté lors de mes dernières vacances et, ensuite, je l'ai perdu. Je l'ai cherché pendant des heures, j'ai soulevé des piles, j'ai déplacé des meubles et j'ai même voulu lancer un appel au secours sur ce blog pour le retrouver (on ne sait jamais, n'est-ce pas ?).

Et puis, un jour, j'ai fait tomber une pile de supports de cours abandonnés à leur sort depuis pas mal de temps, et, miracle, j'ai découvert Lumière pâle sur les collines de Kazuo Ishiguro blotti derrière les vestiges branlants de la pile. Il semblait avoir légèrement souffert de la proximité avec ces polycopiés dégénérés, si bien que toutes autres lectures en cours cessantes, j'ai décidé de le lire. Et j'ai bien fait.

Lumière pâle sur les collines raconte l'histoire d'Etsuko, une japonaise installée dans un petit village de la campagne anglaise. La visite de sa seconde fille lui rappelle le suicide de l'aînée et la replonge dans les souvenirs de sa vie au Japon après la guerre avec son premier mari. A l'image de l'auteur, ce roman est à la fois japonais et anglais. L'évocation de la vie d'Etsuko au Japon est révélatrice d'une société qui était en plein bouleversement, obligée de s'adapter aux réformes imposées par les Américains et très attachée à ses valeurs et à son système de hiérarchie et d'organisation familiale.

Etsuko et son mari font partie de cette première génération de jeunes couples qui ne s'installent pas dans la maison familiale pour vivre avec la famille du mari. Le mari d'Etsuko considère cependant sa femme comme une enfant dévouée à son service et Etsuko ne trouve du réconfort et un peu de liberté qu'auprès de son beau-père et de Sachiko, une femme qui vit près de chez elle. Celle-ci, issue d'une famille aisée mais réduite à la misère, vit avec sa fille, Mariko, dans une petite cabane en bois en attendant que son amant américain se décide à les emmener avec lui aux Etats-Unis.

Dans les souvenirs d'Etsuko, le destin de sa fille morte, dont elle était enceinte au moment où elle a rencontré Sachiko, semble lié à celui de l'étrange Mariko, qui semble évoluer dans un monde parallèle, fait de longues balades solitaires la nuit et qui prétend qu'une femme (imaginaire ?) veut l'emmner avec elle.

Kazuo Ishiguro excelle dans les évocations, les débuts de pistes et les allusions. J'ai été à la fois séduite par eux mais aussi extrêmement frustrée car Ishiguro ne donne que semblants de solution. Je n'ai pas vraiment pu déterminer pourquoi, pour Etsuko, le souvenir de cet été auprès de Sachiko semble être une clef pour comprendre le suicide de sa fille, ni pourquoi et comment elle a quitté son pays et son mari alors qu'elle lui était très soumise.

Malgré cette frustration, ce roman m'a profondément touché et m'a fait penser au travail d'un impressionniste car Ishiguro peint par petites touches sensibles des événements et des sentiments. Mais où est donc passé le dernier chapitre ?

Commentaires

Sachiko et Etsuko ne font qu'une, voilà le dernier chapitre. A la fin du X chapitre Etsuko dit "nous" quand elle répond à Mariko. Mariko est Keiko enfant.

Ecrit par : martine | 20.07.2006

Ce qui n'explique pas les nombreuses ellipses du récit.

Ecrit par : Cécile | 20.07.2006

Bonjour,
Interessé par ton commentaire et ton interprétation de ce roman de Kazuo Ishiguro. En terme d'interprétation, c'est effectivement la seule possible ... mais on ne peut pas dire qu'il nous aide le camarade Ishiguro !
Tiens, je participe aussi à un site où tombe à la fin de ce mois, le mois de "Kazuo Ishiguro". Si ça te dit d'y proposer tes critiques ... ?
http://www.lecture-ecriture.com/

Ecrit par : tistou | 21.01.2007

Merci pour la proposition, mais je fais déjà partie de L/E :-)

Ecrit par : Cécile | 22.01.2007

En fait, ce sont tes cours qui mangent tes livres, tu as ta réponse :-D

Ecrit par : Marie | 22.01.2007

"Merci pour la proposition, mais je fais déjà partie de L/E :-)"

Autant pour moi, Cécile. Sorry !

Ecrit par : tistou | 25.01.2007

Mais de rien, j'ai apprécié la proposition !

Ecrit par : Cécile | 25.01.2007

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